Du concept au chantier :

L’Inconnu de la Grande Arche en miroir de notre pratique

Avec l’équipe OXYmore Architectes, nous avons récemment troqué nos casques de chantier et nos souris pour une salle obscure, le temps d’une séance de cinéma « privée » autour du film L’Inconnu de la Grande Arche.

Cette fiction revient sur la gestation mouvementée de l’édifice de la Grande Arche de la Défense et raconte, avec une certaine justesse, ce que tout architecte connaît bien : la difficile cohabitation entre une vision architecturale exigeante et la réalité des contraintes réglementaires, économiques et politiques. Autrement dit, le passage parfois sportif du dessin à la construction.

Chez OXYmore Architectes, cette approche nous parle, beaucoup.

Dans le film, l’exemple le plus flagrant de la dissonance entre deux visions : la vision « Pragmatique », et la vision de la Pureté de « l’Art de bâtir ». En effet, Paul Andreu et l’architecte danois Johan Otto von Spreckelsen sont confrontés à la réalité du terrain : le sol du site de La Défense est instable, hétérogène, et déjà saturé d’infrastructures (tunnels, parkings, réseaux).

Les fondations à la « forme pure », dessinés par Johan Otto von Spreckelsen ne sont techniquement pas faisable : les ingénieurs annoncent que le poids colossal de l’arche impose une solution radicale : des fondations dissociées, avec quatre piles indépendantes, ancrées très profondément, capables de supporter séparément les charges tout en tolérant de légers mouvements différentiels du sol.

Le bras de fer se joue entre les ingénieurs qui parlent chiffres, contraintes, risques d’affaissement, et Johan Otto von Spreckelsen qui défend une vision presque spirituelle de l’architecture : l’arche doit rester un geste pur, lisible, intact dans son sens symbolique. Tout le monde lui dit que personne ne verra les fondations, il rétorque que Dieu, lui les verra.  Chaque concession technique est vécue comme une atteinte au sens même du monument. Cette scène illustre la formalisation concrète d’un concept d’une idée absolue qui se confronte à un monde de compromis, où l’architecte utopiste se retrouve isolée, en décalage avec la réalité constructive.

Les douze piles soutenant l’Arche ont été construits entre deux autoroutes et trois voies ferrées.

Légende : Les douze piles soutenant l’Arche ont été construites entre deux autoroutes et trois voies ferrées. Paris La Défense Fonds Robert Lion, https://www.leparisien.fr/hauts-de-seine-92/la-grande-arche-de-la-defense-un-chantier-difficile-16-07-2019-8118237.php

Nous nous reconnaissons pleinement dans la vision pragmatique et opérationnelle de Paul Andreu développée dans le film. Car notre métier, nous l’aimons surtout lorsqu’il consiste à mettre en œuvre concrètement une idée. Construire, coordonner, ajuster, résoudre : c’est là que l’architecture prend tout son sens.

Chez OXYmore Architectes, nous préférons travailler sur des concepts architecturaux dont nous maîtrisons les solutions constructives, en nous basant sur nos connaissances et les innovations plutôt que sur des théories abstraites.

Le film fait ainsi directement écho à notre pratique quotidienne.
À travers nos collaborations avec des agences d’architecture nationales et internationales telles que MVRDV, Z Architecture, Richez ou DVVD, nous intervenons comme architecte co-traitant sur des opérations de grande envergure. Notre rôle : apporter une expertise locale solide, une lecture fine du territoire et un pragmatisme assumé.

Dès la phase de conception, nous travaillons en étroite collaboration avec les architectes mandataires et les maîtres d’ouvrage, afin de contribuer activement au projet. Mais c’est en phase réalisation que notre agence exprime pleinement sa valeur ajoutée : nous assurons le suivi de chantier, avec un binôme architecte–ingénieur au sein d’OXYmore Architectes, en interface directe avec l’agence partenaire, souvent en charge de la mission VISA architecturale. Parce que nous intervenons à la fois en conception et en réalisation, nous sommes garants de la continuité du projet. Notre objectif est simple — et ambitieux : faire en sorte que la réalité du chantier reste fidèle au concept initial, en conciliant avec fluidité l’exigence architecturale et les contraintes, pour aboutir à une architecture construite, cohérente et durable.